À un an de l’élection présidentielle française de 2027, la réindustrialisation apparaît comme une absolue nécessité, tant par les candidats qui l’expriment ainsi de façon unanime dans leurs programmes que par leurs électeurs inquiets d’une situation économique et sociale qu’ils considèrent dégradée. Et pour cause : les enjeux qu’elle soulève sont nombreux et déterminants pour la viabilité du développement national, mais également dans le cadre d’un besoin d’autonomie croissant face à un contexte géopolitique instable, marqué par des conflits armés et des crises successives.
En sa qualité de politique publique, la réindustrialisation est indissociable du territoire auquel elle s’applique. Cette notion de territoire peut d’abord être entendue à l’échelle nationale, car la réindustrialisation est un vecteur de souveraineté en ce qu’elle doit permettre à l’Etat de réduire ses dépendances à l’égard d’acteurs étrangers et de réguler de façon autonome sa production et sa consommation. Le territoire peut néanmoins être compris à plus petite échelle, celle des collectivités, en application d’un principe de subsidiarité et d’une politique de décentralisation à l’œuvre depuis les années 1980. Par leur contribution à la prospérité nationale et leur capacité à accueillir des activités industrielles souveraines, les collectivités territoriales nécessitent une marge de manœuvre accrue, permettant d’accélérer la stratégie française de réindustrialisation. Cet article propose d’identifier les raisons favorables à une décentralisation dans une perspective de relance industrielle, en retraçant au préalable les politiques des cinquante dernières années ayant conduit à la criticité de la situation actuelle.
L’idée d’une décentralisation visant à faire des collectivités territoriales le poumon économique et industriel en dépit du “jacobinisme” français n’est pas nouvelle. Dès 1963, la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) est créée dans un objectif de rééquilibrage des richesses sur le territoire d’après-guerre, par le renforcement de l’innovation, de la compétitivité et des partenariats avec les acteurs de l’aménagement des territoires. Une attention particulière est alors consacrée à leur dynamisme industriel, notamment suite à la création de “commissaires à la conversion industrielle” par le décret du 24 octobre 1967. Nommés par le Premier ministre, ils sont des représentants de l’Etat central par leur travail en relation avec la DATAR, mais demeurent par ailleurs des élus d’associations pour l’expansion industrielle de dirigeants patronaux, agissant au niveau local.
L’ensemble du territoire national bénéficie alors d’un dynamisme industriel jusqu’à la fin des Trente Glorieuses, et l’emploi industriel connaît son apogée en 1974, occupant 5,4 millions d’actifs, soit près du quart du total des emplois. Le milieu des années 1970 marque cependant le début d’une désertion des industries sur le sol français. Les chocs pétroliers de la décennie accélèrent la désindustrialisation du territoire, notamment le premier (1973) qui entraîne une multiplication par quatre des prix du pétrole. Alors que la France connaît en 1974 sa dernière année de solde budgétaire positif, les territoires s’appauvrissent par la hausse du chômage et la concurrence de pays à bas salaires, plus compétitifs quant à la production industrielle. Le principe de “métropole d’équilibre”, qui naît avec la création de la DATAR au début des années 1960 se révèle par ailleurs être un échec. Cette politique vise initialement à contrebalancer la macrocéphalie urbaine de Paris par le regroupement de profils qualifiés pour conduire la production industrielle et l’innovation dans des villes au rayonnement régional (Lille-Roubaix-Tourcoing, Nancy-Metz-Thionville, Strasbourg, Lyon-Saint-Étienne-Grenoble, Marseille-Aix-en-Provence-Delta du Rhône, Toulouse, Bordeaux et Nantes-Saint-Nazaire). Toutefois, la contraction et la tertiarisation de l’activité économique conduit à l’abandon de cette politique en 1982.
Avec l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 débute une politique de forte décentralisation matérialisée les lois Defferre entre 1982 et 1983. Les communes, départements et régions récupèrent alors de nombreuses compétences déléguées par l’Etat. Toutefois, les recettes des collectivités, toujours soumises à un contrôle du préfet, restent essentiellement dirigées vers le ministère de l’Economie (environ 80%) et sont compensées par des dotations que les élus locaux considèrent insuffisantes. Cette situation financière peu favorable au développement industriel des territoires s’accompagne de délocalisations industrielles massives dans de nombreux secteurs (textile, automobile, électroménager…) affectant durement les territoires. A titre d’exemple, la société Essilor débute la délocalisation de sa production à faible valeur ajoutée aux Philippines dès 1979, avant de la poursuivre au Mexique, à Porto Rico, au Brésil et en Thaïlande durant toute la décennie 1980. Certains bassins industriels subissent alors la désindustrialisation de plein fouet, à l’image des villes du Creusot ou de Valenciennes.
Cette tendance se poursuit dans les années 1990 avec l’accélération de la mondialisation et au début des années 2000, aggravé par l’abandon de la planification quinquennale en 2006 (le Haut-Commissariat au Plan devient alors le Centre d’analyse stratégique) et la crise économique de 2008. Si les lois MAPTAM (2014) et NOTRe (2015) clarifient les compétences des collectivités territoriales notamment en matière de développement économique, d’aide aux entreprises et d’innovation, elles n’induisent pas de changement majeur en faveur de la réindustrialisation des territoires. La crise des gilets jaunes de 2018 et celle du Coronavirus en 2020 apparaissent toutefois comme des évènements révélateurs de la détresse des territoires face à l’absence d’industries résilientes. La crise sanitaire du Covid met notamment en lumière la dépendance française aux chaînes d’approvisionnement globalisées, notamment en matériel médical élémentaire (à l’instar des masques importés difficilement de Chine et d’Inde).
Alors qu’elle s’élève à 19% en 1975, la part du secteur industriel dans le PIB français équivaut à 9,5% en 2022 ; les emplois industriels diminuent de moitié entre ces deux mêmes années, pour s’établir en 2022 à 2,5 millions de personnes, soit environ 10% des emplois en France. Aussi, la contribution de l’industrie manufacturière française à la richesse nationale pèse pour moins de 10% en 2024, une valeur bien en-dessous de la moyenne européenne de 15% (12 % pour la Belgique ou l’Espagne, 16 % pour l’Italie, 19 % pour l’Allemagne).
Parmi les raisons pouvant appuyer le besoin de réindustrialiser les territoires, l’argument économique est probablement le plus naturel. Selon l’INSEE, la dette publique française s’établit à 3482,2 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, soit 117,4% du PIB du pays. Le retour d’une hausse du chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT), passant de 7,3% au dernier trimestre de 2024 à 8,1% au premier trimestre de 2026 alimente également un sentiment de déréliction de certains territoires, en particulier ceux d’Outre-mer où le chômage dépasse les 10% (17,3% pour la Réunion et 28,6% pour Mayotte en 2024). Publiés en 2024, les rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi alertent respectivement sur le décrochage de l’industrie européenne face à la Chine et sur le déficit européen d’activités de recherche et développement (R&D), alors que l’industrie porte plus de 80 % des efforts mondiaux dans ce domaine.
Les territoires apparaissent alors comme un important levier économique, susceptible de relancer la productivité et la croissance nationales et d’abaisser le taux de chômage, en particulier des jeunes. Ils permettent tout d’abord aux entreprises industrielles de bénéficier de disponibilités foncières accessibles à des prix plus abordables. Au sein des petites villes, les terrains nus dépassent rarement les 50 euros par mètre carré contre le double pour des villes de taille moyenne (respectivement 160 et 90 euros par mètre carré pour Clermont-Ferrand ou Limoges). L’argument géographique pouvant inciter à la réindustrialisation des territoires réside également dans leur désenclavement et l’intensification de leurs connexions. Cette idée peut être rapprochée du modèle de Barro (1990), selon lequel l’investissement dans les infrastructures publiques (routes, chemins de fer, télécommunications), par leur nature de biens collectifs non rivaux, serait un facteur de croissance économique endogène. Dans ce modèle, la dépense publique crée et entretient la croissance car les biens publics génèrent des externalités positives qui favorisent la productivité du capital privé. Appliqué aux territoires, le modèle de Barro peut ainsi apparaître comme un encouragement à la décentralisation par l’investissement dans les infrastructures locales pour favoriser la réindustrialisation territoriale. Toutefois, bien que ce modèle ouvre des perspectives intéressantes pour la redynamisation de friches industrielles, il convient de rappeler l’existence de certaines réserves sur son application. La validité du modèle repose en effet sur l’équilibre budgétaire de l’Etat (hypothèse actuellement rejetée) ainsi que sur un capital humain disponible et qualifié (ou en capacité d’être formé), ce qui n’est pas vérifiable dans tous les territoires.
Les territoires sont également des viviers de compétences et d’expertises dans de nombreux secteurs, qu’une réindustrialisation pourrait permettre de mobiliser au profit de l’économie nationale. C’est en ce sens qu’ont été établis à partir de 2004 les pôles de compétitivité, qui sont des regroupements d’entreprises, d’acteurs de la recherche et d’établissements de formation sur un même territoire. Par les transferts de technologies qu’ils facilitent, les pôles de compétitivité permettent d’encourager la réindustrialisation des territoires tout en développant efficacement l’innovation. Le cas du pôle Aerospace Valley situé entre la région Occitanie et Nouvelle-Aquitaine l’illustre parfaitement. Alors que la région Occitanie est historiquement compétente sur les filières aéronautique et spatiale (le siège d’Airbus se trouve à Toulouse depuis 1969), l’implantation d’Aerospace Valley en 2005 a permis de regrouper les acteurs de ce secteur et d’accélérer la production industrielle. Ceci s’observe notamment par la ville de Figeac, dont le rayonnement à l’international est dû à son industrie aéronautique et particulièrement à deux entreprises membres d’Aerospace Valley : Ratier-Figeac (premier hélicier au monde et dont les effectifs en 2018 s’élèvent à 1200 employés) et Figeac Aero. Les compétences mises en avant par les territoires sont également un levier d’investissements étrangers en France, comme en témoigne l’actualité des sommets Choose France inaugurés en 2018. A titre d’exemple la multinationale américaine IBM (spécialisée dans les services informatiques) a annoncé lors du 7ème salon de mai 2024 un investissement de 45 millions d’euros pour l’installation de son centre de R&D dans le quantique sur le plateau de Saclay.
Comme esquissé dans les éléments ci-dessus, la réindustrialisation des territoires est également un vecteur de création de nouveaux emplois, permettant une hausse de la productivité et donc de la croissance. En France, un emploi industriel direct permet de générer un emploi et demi indirect chez d’autres acteurs industriels, mais également trois emplois indirects dans des secteurs connexes comme la logistique ou la maintenance. En dépit de cela, la désindustrialisation amorcée dans les années 1970 ne s’est pas réalisée de façon uniforme, conduisant certains territoires français à présenter une situation socio-économique moins favorable que d’autres, souvent traduite par une hausse du chômage. Comme le montre la carte des bassins industriels français ci-dessous, le Nord et l’Est sont considérés comme ex-industriels, ayant subi une forte désindustrialisation accompagnée d’une crise de l’emploi notamment au sein de certaines filières locales comme celle de la sidérurgie dans le bassin lorrain (1960 – 1970). La carte identifie néanmoins de nombreux bassins néo-industriels (qui deviennent industrialisés tandis qu’ils ne l’étaient pas auparavant), en particulier dans l’Ouest de la France. Aussi, alors que la tertiarisation de l’économie a favorisé les métropoles, la réindustrialisation permet une meilleure égalité entre les territoires par l’amélioration de leur situation sociale et économique.
Au-delà de l’intérêt économique que présente une réindustrialisation des territoires, la souveraineté qu’elle garantit demeure un objectif clé pour assurer la continuité de l’Etat. Le développement économique de l’Etat est en effet indissociable de sa capacité à décider pour lui-même de sa stratégie lui permettant d’y parvenir, alors même que les conflits actuellement à l’œuvre rappellent que les Etats agissent selon leurs propres intérêts. La difficulté française à sécuriser les approvisionnements stratégiques face aux récentes crises et aux conflits géopolitiques l’illustre clairement. Suite à la pandémie de Covid en 2020, qui révèle déjà une dépendance nationale à l’égard de pays tiers pour la fourniture de vaccins et de masques, la survenue de la guerre en Ukraine à partir de 2022 a mené à une forte augmentation des prix de l’alimentaire et de l’énergie. La facture énergétique (gaz et électricité) de l’industrie manufacturière française est alors multipliée par 3 entre 2021 et 2023, passant de 15 à 45 milliards d’euros. En permettant la construction et la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires (telle que prévue par le Programme EPR2 sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey), les territoires accélèrent la réindustrialisation au profit d’une souveraineté énergétique française (et moins carbonée).
Toutefois, par les durées que nécessitent leur application (les réacteurs précités n’entreront en service qu’en 2042), ces politiques de réindustrialisation sur le territoire doivent être anticipées, et imposent ainsi une analyse approfondie des évolutions géopolitiques à l’œuvre. A titre d’exemple, les tensions récurrentes entre la Chine et Taiwan pourraient aboutir à un conflit susceptible de provoquer de fortes augmentations des prix des semi-conducteurs et des composants électroniques. En France, la difficulté posée par un tel scénario pourrait être allégée par l’implantation de sites industriels dédiés dans les territoires, telle que celle du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) en Isère. Autour du CEA, l’agrégation de groupes spécialisés dans les composants électriques (STMicroelectronics, Soitec) et de nombreuses startups permettent de faire de Grenoble un pôle majeur de production de semi-conducteurs. L’inauguration de Fames en janvier 2026 semble le confirmer : d’une valeur de 830 millions d’euros, ce projet stratégique européen vise à accélérer l’innovation et la production de puces plus performantes et durables.
En tant que finalité des politiques de défense, la souveraineté est également un argument fort en faveur de la réindustrialisation d’équipements militaires. La Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) comporte déjà un maillage territorial important par ses 4500 PME et ETI réparties sur l’ensemble du sol français, et une maîtrise de la chaîne de valeur sur des équipements fleurons de l’aéronautique de défense français comme le Rafale. Néanmoins, certaines filières industrielles de défense demeurent dépendantes de la production étrangère : les munitions et l’armement de petit calibre en sont la plus forte illustration. La fermeture du site de Giat Industries au Mans à la fin des années 1990 marque en effet la fin de la production française dans cette filière, et laisse un espace désormais occupé par des acteurs étrangers. L’Etat, via la Direction Générale de l’Armement (DGA) estime alors que les forces armées et de sécurité intérieure ne rencontrent pas de difficultés à s’approvisionner auprès de fournisseurs étrangers, et que le trop faible nombre de munitions qu’elles consomment ne permet pas aux industries de petit calibre de demeurer économiquement viables. Alors que des défaillances sont constatées sur ces équipements étrangers en 2016 par Jean-Yves le Drian, alors ministre de la Défense, la désindustrialisation de la filière est actée par la vente de Manurhin à une société émiratie en 2018. Toutefois, la guerre en Ukraine et la préparation des forces françaises à un conflit de haute intensité opèrent un changement de contexte et relancent dès 2023 les concertations parlementaires sur la relocalisation d’une production d’armement de petit calibre au service de l’autonomie stratégique française. Dans ce cadre, les territoires s’avèrent être un atout central pour garantir la production de munitions tricolores. C’est également en 2023 que le poudrier Eurenco relocalise sa production à Bergerac (Dordogne) par un investissement de 60 millions d’euros, permettant à l’entreprise de se doter d’un outil “autonome et souverain” devant servir à la France et à ses alliés.
Les territoires peuvent également être considérés comme les garants de la préservation d’un savoir-faire français sur des filières spécifiques. Alors que Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe français LVMH évoque en janvier 2025 la possibilité de délocaliser la production de son groupe aux Etats-Unis face à la lourdeur fiscale française, l’hypothèse est rapidement écartée. La filière doit en effet son succès à sa production industrielle “made in France”, symbole d’une qualité de conception grâce à un artisanat hautement qualifié et associé à l’image du pays. La demande importante pour le luxe français conduit notamment à l’ouverture de nouveaux sites industriels dans les territoires, tels que l’atelier de maroquinerie d’Hermès à Riom (Puy-de-Dôme) fin 2024. Le renforcement du savoir-faire industriel français peut également être auto-alimenté par l’export, générant des excédents sectoriels conséquents pouvant être réinvestis dans l’activité industrielle locale. Les exemples donnés par les filières aéronautique et cosmétique l’illustrent bien : en 2025, ils ont permis de dégager respectivement 32,6 et 16,8 milliards d’euros d’excédents. En tant que premier contributeur aux exportations françaises, le secteur industriel peut offrir aux territoires un rayonnement à l’international sans renoncer à la souveraineté de leurs productions.
Initié fin 2018 par le Premier Ministre Edouard Philippe, le programme Territoires d’Industries a pour objectif d’accompagner les territoires dans leurs projets de réindustrialisation. Porté par des binômes élu-industriel au plus près des territoires pour comprendre leurs besoins, ce programme se structure autour de quatre axes : la création d’un écosystème d’innovation, le développement des compétences (pour faciliter les recrutements), la mobilisation d’un foncier industriel adapté et l’accélération de la transition énergétique et écologique. Si les trois premiers axes ont fait l’objet de développements plus haut, l’attention portée aux préoccupations environnementales constitue un argument additionnel pour encourager la réindustrialisation des territoires.
En effet, l’objectif de réindustrialisation ne doit pas faire perdre de vue l’engagement de l’Etat en faveur de la réduction des émissions de carbone et de sobriété énergétique. Par leur déploiement selon une logique de temps long, les projets de réindustrialisation doivent pouvoir s’inscrire dans les objectifs de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C (Accord de Paris de décembre 2015) ou de neutralité carbone d’ici 2050, guidé par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). De ce fait, les territoires présentent des avantages considérables pour allier réindustrialisation et transition écologique : ils permettent notamment la mise en œuvre de circuits courts et d’économie circulaire. Les coûts économiques et énergétiques générés par les transports de productions industrielles mondialisées sont alors évités ; la circularité offre en outre une meilleure résilience aux industries locales et une hausse de leur compétitivité (diminution de leur dépendances aux matières premières et énergies fossiles). Promulguée en 2023, la loi “réindustrialisation verte” doit à ce titre permettre de financer l’industrie verte, faciliter et accélérer les implantations industrielles, réhabiliter les friches et verdir la commande publique. Alors que le programme Territoires d’Industries en est à son “Temps II”, soit la phase 2023-2027, il compte 183 projets labellisés en janvier 2025. En mai de la même année, 56% des projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation.
Enfin, si la réindustrialisation des territoires permet donc une péréquation des richesses et offre une garantie de souveraineté dans des filières critiques ou de savoir-faire français, il convient néanmoins d’adapter cette stratégie en fonction des contraintes existantes au sein des différentes filières. Ces processus de long terme présentent en effet de coûts importants, financiers et d’opportunité (face à des alternatives souvent plus abordables). Comme le rappelle Anaïs Voy-Gillis, il ne s’agit pas nécessairement de tout réindustrialiser, mais de “déterminer les domaines dans lesquels [la réindustrialisation] a des avantages comparatifs à développer pour des questions d’autonomie à court et long terme”.
Jeanne TRICOT, directrice des Programmes, article pour la Commission Réindustrialisation et Indépendance Stratégique (CRIS) de l’INAS.
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